J’ai eu la chance, depuis quelques mois, de beaucoup échanger avec Géraldine qui s’est investie sur la Digithèque et est devenue une parfaite ambassadrice de la plateforme. Elle en parle même dans son ouvrage, « Dys : outils et adaptations dans ma classe », paru en août aux éditions Retz. J’ai donc été ravie qu’elle accepte de partager son expérience du numérique, et de la Digithèque plus particulièrement, au service des élèves à besoins particuliers.

#QUEL ACTEUR DE L’ÉDUCATION SUIS-JE ?

Je suis professeur des écoles depuis un peu plus de 20 ans. Depuis une dizaine d’années je m’intéresse particulièrement au numérique à l’école, et en premier lieu au numérique au service des élèves porteurs de troubles dys. Je ne suis pas enseignante spécialisée mais comme tous les enseignants, j’ai tous les ans dans ma classe plusieurs élèves porteurs de troubles dys et des élèves en difficultés. J’ai commencé il y a 10 ans en prêtant à un élève dyslexique un vieil ordinateur portable personnel que mon mari avait reconfiguré. Lorsque mon école a été équipée d’une salle informatique, je l’ai exploitée au service de mes élèves à besoins spécifiques, en leur adaptant les exercices de français au format numérique. Depuis deux ans, nous avons quelques tablettes dans les classes (et malheureusement plus de salle informatique) alors j’ai dû changer d’outils numériques.

#CE QUE J’AIME TRANSMETTRE

De nombreux élèves porteurs de troubles dys et les élèves en grande difficulté présentent souvent une mauvaise automatisation de l’écriture ce qui les met en situation de double-tâche : le geste graphique trop coûteux mobilise toutes leurs ressources cognitives compromettant ainsi l’apprentissage ciblé par l’exercice. En allégeant, voire en supprimant la quantité d’écrit, on permet à l’élève d’accéder à cet apprentissage. Ainsi, grâce aux exercices adaptés au format numérique, l’élève fait le même exercice que ses camarades, réfléchit sur les mêmes objectifs, mais au lieu d’écrire, il clique pour répondre ou complète au clavier. Comme me l’avait dit un de mes élèves un jour : « Ah oui, je fais pareil mais autrement ! »

Souvent les élèves à qui je propose ces adaptations retrouvent ou renforcent leur motivation et leur estime d’eux-mêmes. Ma plus grande satisfaction est quand ils s’emparent de ces aides et me les réclament, heureux de se mettre au travail. Ce sont eux qui depuis 10 ans me font progresser dans ma pratique et me montrent le chemin.

#MON AVIS SUR LE NUMÉRIQUE DANS L’ÉDUCATION

Pour moi, la plus grande difficulté du numérique dans l’éducation, c’est l’accès aux équipements. Il dépend directement de la volonté de la commune d’équiper ses écoles. Je n’ai malheureusement pas la chance d’enseigner dans une commune où le numérique est massivement déployé et c’est donc le système D qui prévaut au quotidien : pas de système de projection fixe, quelques tablettes par classe sur lesquelles nous n’avons pas la main, un service informatique débordé qui ne répond pas à nos attentes.

Par ailleurs, les outils institutionnels académiques que nous sommes tenus d’utiliser ne sont pas à la hauteur des enjeux. C’est usant et chronophage, il faut souvent une motivation à toute épreuve pour continuer !

#MA PÉDAGOGIE INNOVANTE

Au quotidien, j’utilise de nombreux outils numériques pour adapter le travail ou même compenser le handicap de mes élèves porteurs de troubles dys : les dictées autonomes (enregistrées), les quiz sur Plickers, les livres audios, la dictée vocale, la synthèse vocale, les exercices adaptés sur le Cartable Fantastique et la Digithèque.

Depuis l’année dernière, j’ai investi plus largement la Digithèque pour adapter les exercices de français du manuel et les questionnaires de lecture.

Pendant le confinement, j’ai élargi l’utilisation de la Digithèque à tous mes élèves puisque que je pouvais ainsi leur transmettre de nombreux exercices de français et questionnaires de lecture, tout en suivant leurs résultats sur mon compte.

#MA MOTIVATION

En cherchant à mettre en place des adaptations à destination de mes élèves porteurs de troubles dys ou en grande difficultés, je me suis rendu compte que beaucoup de ces stratégies sont en fait utiles à tous. Elles permettent de motiver les élèves, car ce sont des outils attractifs, et redonnent confiance.

J’aime promouvoir le numérique au service des apprentissages. J’essaie de faire connaitre les outils disponibles et leurs utilisations possibles en classe en fonction des objectifs pédagogiques et des difficultés de l’élève. J’espère permettre à ces élèves de suivre une scolarité épanouie, à la hauteur de leurs espérances et de leurs capacités.

#Mais aussi…

Je tiens à préciser que le numérique n’est qu’un outil parmi les autres, un complément à d’autres adaptations, un complément à ma pédagogique.


Géraldine est co-auteure du livre « Dys : outils et adaptations dans ma classe », Retz, août 2020. Livre co-écrit avec le docteur Mazeau, à destination des enseignants qui ont parmi leurs élèves des élèves en difficultés et/ou porteurs de troubles dys, et qui souhaitent connaitre et mettre en place dans leur classe des adaptations pour leur permettre de réussir leur scolarité.

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