Aurélie, professeur des écoles, directrice et ERUN, a pris la parole et a répondu à notre interview afin de nous expliquer ses pratiques pour assurer la continuité pédagogique.

#Quel prof suis-je ?

Je m’appelle Aurélie Moriceau, je suis enseignante depuis plus de 10 ans en Sarthe. Je suis une maitresse aux multiples casquettes : enseignante en classe double niveau Cm1-Cm2, directrice depuis 6 ans et mission de référente numérique (Erun) depuis la rentrée 2019. En parallèle, je suis aussi blogueuse (Maikresse72.fr), auteure d’animations sur Lea.fr ainsi que de fichiers pédagogiques en étude de la langue.

#Ma méthode pour assurer la Continuité pédagogiqe

Pour assurer la continuité, avec ma collègue binôme de classe, nous avons opté pour le cloud académique (dénommé stocad pour l’académie de Nantes). Nous hébergeons nos fichiers quotidiens dans un dossier virtuel dont nous avons partagé le lien aux familles. Ainsi, chaque jour, les familles peuvent se connecter et récupérer en une fois le travail de la journée.

Nous avons fait ce choix afin de faciliter les échanges, d’éviter la surcharge de mails (les boites arrivent vite à leur quota sinon) et afin que les familles s’y retrouvent rapidement. Pour chaque journée, les familles retrouvent un emploi du temps et les dossiers et fichiers associés classés par domaine de travail. Les élèves peuvent également déposer leurs fichiers en retour dans des boites de dépôt.

Nous utilisons également des ressources disponibles en ligne telles que Calculatice qui permet un entrainement en ligne et un suivi de l’enseignant sur les résultats et connexions des élèves. Les vidéos MHM, les vidéos des fondamentaux Canopé sont aussi de bons appuis.

#L’apport des cours à distance

À distance, nous maintenons le travail entrepris en dictée avec des enregistrements vocaux, en lecture avec une mise en voix également et le partage des pistes audios. En complément, afin d’avancer dans les apprentissages, l’utilisation de la classe virtuelle et de capsules vidéos sont des pistes à creuser. Les retours des élèves se font par des photos de leurs cahiers, des retours par téléphone, mails ou bien en visioconférence.

#Mes difficultés rencontrées

Les problèmes sont des soucis de connexion et d’iniquité pour les élèves. Certains n’ont qu’un ordinateur pour toute la famille. D’autres n’ont qu’un téléphone… et il faut partager entre plusieurs enfants ! Il ne faut donc pas que tout soit exclusivement « en ligne » mais prévoir des activités réalisables d’une autre façon.

D’autre part, certaines plateformes ne permettent pas de feedback pour l’enseignant, on ne sait pas si l’élève a réalisé ou non les exercices et si ceux-ci ont été réalisés.

Assez rapidement, nous nous sommes rendus compte que les familles souhaitaient imprimer le travail transmis ce qui s’est avéré compliqué par la suite (rupture d’encre, papier etc).

Et puis, pour certaines familles, les retours sont minces, rares, si nous ne relançons pas…

Autre difficulté, je suis enseignante, directrice, référente numérique et… maman ! Et ce n’est pas toujours une mince affaire d’organiser tout cela. D’autant qu’il faut aussi accueillir les enfants de soignants sur place à l’école. Mes journées de télétravail sont bien remplies !

#Mes solutions

Nous donnons des conseils sur comment éviter les impressions : décalquer sur l’écran, reproduire sur le cahier, n’écrire que les réponses etc. On peut aussi télécharger le travail sur clé usb et utiliser la tv comme écran de projection (pour les tv qui disposent de ce système), utiliser un téléphone, une tablette comme support également sans avoir besoin de passer par l’impression. Pour cela, nous devons réfléchir aux ressources transmises et indiquer clairement aux familles comment procéder afin qu’elles se sentent accompagnées et autorisées à ne pas imprimer. Les familles veulent faire ce qu’il y a de mieux pour leurs enfants.

Pour les quelques élèves qui ne font pas de retour, par manque de maîtrise des outils, par manque de motivation, nous appelons et proposons de l’aide, discutons avec les élèves afin qu’ils ne soient pas laissés pour compte. Mais, malgré tous nos efforts, certains sont en rupture et l’écart se creuse…

#Mais aussi…

J’espère vraiment pouvoir revoir tous mes élèves avant la fin de l’année. Comment laisser partir mes grands loulous de Cm2 sans faire la fête que nous faisons chaque année ? Chaque année et ils attendent avec impatience car c’est devenu une petite tradition dans l’école, j’organise une petite boum. La semaine précédant la sortie, ils me transmettent leurs choix musicaux (que je valide ou non…) et je prépare les playlists. On fait aussi des battles de danse et on joue à Just Dance via le TBI. On finit la journée avec un super gouter et j’adresse alors un petit mot au groupe et aussi à chacun en particulier. Cette journée est toujours chargée en émotions et rien que d’y penser, j’en ai les larmes aux yeux. J’espère que nous pourrons fêter cette fin d’année ensemble.

Et un message particulier à tous les parents qui assurent comme ils peuvent, parfois dans la douleur. Merci à eux !


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