Tu es en pleines révisions pour le brevet de Français de 2019, et tu cherches à t’entraîner, tout en ayant un corrigé à consulter ? Cet article est pour toi ! L’équipe de Belin Éducation te propose de découvrir une proposition de corrigé pour le sujet du brevet de Français tombé en Amérique du Nord, en 2019. 

DICTÉE AMÉNAGÉE

Vous compléterez ce texte avec un des mots proposés au-dessus de chaque ligne en écoutant le texte lu par le professeur.

L’homme baissa la tête, ramassa le sac qu’il avait (déposer / déposé / déposait) ……déposé….. à terre, et s’en alla. Il (prit / pris / prie) …..prit…… la grande rue. Il marchait devant lui au (hazard / hasar / hasard) ……hasard….., rasant de près les maisons comme un homme humilié et triste. Il ne se (retournat / retournât / retourna) ……retourna…. pas une seule (fois / foi / foie) …fois… . S’il s’était retourné, il aurait vu l’aubergiste de la Croix-de-Colbas sur le (seuille / sueil  / seuil)……seuil…. de sa porte, entouré de tous les voyageurs de son auberge et de tous les passants de la rue, parlant (vivement / vivemment / vivemant) ……vivement……. et le désignant du (doit / dois / doigt)……doigt….. ; et, aux regards de défiance et d’effroi du groupe, il aurait deviné qu’avant peu son (arrivé / arriver / arrivée)……arrivée…… serait l’événement de toute la ville. Il ne vit rien de tout cela. Les gens accablés ne regardent pas derrière eux. Ils ne savent que trop que le mauvais sort les (suit / suis / suient) ……suit….. .

Victor Hugo, Les Misérables, 1862.

Grammaire et compétences linguistiques

Compréhension et compétences D’INTERPRÉTATION

Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites.

Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes.

Tout, la haine et le deuil ! – Et ne m’objectez[1] pas

Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas… –

Écoutez bien ceci :

Tête-à-tête, en pantoufle,

Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,

Vous dites à l’oreille au plus mystérieux

De vos amis de cœur, ou, si vous l’aimez mieux,

Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,

Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,

Un mot désagréable à quelque individu[2] ;

Ce mot que vous croyez qu’on n’a pas entendu,

Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre,

Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre !

Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin.

Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,

De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;

– Au besoin, il prendrait des ailes comme l’aigle ! –

Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera.

Il suit le quai, franchit la place, et cætera[3],

Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,

Et va, tout à travers un dédale de rues,

Droit chez l’individu dont vous avez parlé.

Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,

Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe,

Entre, arrive, et, railleur[4], regardant l’homme en face,

Dit : – Me voilà ! je sors de la bouche d’un tel[5]. –

 

Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel.

Victor Hugo, Toute la Lyre, III, XXI, 1888.

[1] objecter : formuler une objection, opposer un argument.

[2] un mot désagréable à quelque individu : un mot désagréable à propos de quelque individu.

[3] et cætera : locution latine abrégée généralement en français par etc., qu’on emploie au terme d’une énumération et qui signifie « et ainsi de suite ».

[4] railleur : moqueur, ironique.

[5] un tel : désigne ici la personne qui a parlé

=> Retrouvez le sujet complet ici.

Travail sur le texte littéraire et sur l’image (50 points)

 

Grammaire et compétences linguistiques

1) a) Donnez le mode et le temps de : « prenez » (vers 1), « objectez » (vers 3), « Écoutez » (vers 5). (2 points)

Le mode est l’impératif et le temps est le présent.

B) Pourquoi ce mode est-il utilisé ? (2 points)

Il permet ici à l’auteur de s’adresser directement aux « jeunes gens » afin de leur donner des conseils.

2) Vers 1 à 3 : relevez les déterminants contenus dans les trois premières phrases du texte. (2 points)

Les déterminants contenus dans les trois premières phrases sont : aux, d’, un, la, le.

3) Réécrivez le passage suivant en remplaçant « il » par « ils ». Faites toutes les modifications nécessaires. (10 points)

 « Ils vous échappent, ils fuient, rien ne les arrêtera.

 Ils suivent le quai, franchissent la place, et cætera,

Passent l’eau sans bateau dans la saison des crues,

Et vont, tout à travers un dédale de rues,

Droit chez l’individu dont vous avez parlé. »

4) « Et ne m’objectez pas / Que vos amis sont sûrs […] » (vers 3 et 4).
a) Quelle est la nature de « que » ? (2 points)

Il s’agit d’une conjonction de subordination.

b) Justifiez votre réponse. (2 points)

« Que » ne représente ici aucun autre mot et ne peut donc être considéré comme un pronom relatif. Dans le cas présent, il introduit une proposition subordonnée conjonctive.

 

Compréhension et compétences d’interprétation

5) Expliquez les conséquences qu’entraîne, selon ce texte, le fait de prononcer un « mot désagréable » (vers 11). Justifiez votre réponse en vous appuyant sur deux éléments du texte. (4 points)

L’auteur souligne ici que le fait de tenir des propos médisants sur quelqu’un auprès d’une autre personne – croyant celle-ci de confiance – remonte toujours inévitablement aux oreilles de l’intéressé. À peine ont-ils été prononcés que ces propos se répandent à toute allure (« Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre ! ») et finissent immanquablement par être rapportés à l’individu dont il a parlé (« Et va, tout à travers un dédale de rues, droit chez l’individu dont vous avez parlé »). Il devient un danger, un « ennemi mortel » pour celui à l’origine de ces commérages.

6) Vers 3 à 11 : quelles sont les précautions que les « jeunes gens » peuvent estimer avoir prises pour éviter que leurs paroles ne soient rapportées ? Citez au moins deux éléments en prenant appui sur le texte. (4 points)

Les jeunes gens pensent que des interlocuteurs sûrs (« Vous dites à l’oreille au plus mystérieux de vos amis de cœur ») et le fait d’être discret et de parler bas (« Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire, dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre ») sont deux conditions suffisantes pour éviter que leurs propos ne soient rapportés.

7) Vers 12 à 27 :
a) À quel terme renvoie le pronom « il » ? (2 points)

« Il » renvoie ici au « mot désagréable ».

b) Quelle figure de style est ici utilisée ? (2 points)

Il s’agit d’une personnification, qui consiste à prêter des propriétés humaines à un objet ou un concept. Le « mot désagréable […] court […], bondit […], il marche »

c) Quel effet cette figure de style produit-elle ? (2 points)

L’utilisation de cette figure de style ici la description extrêmement réaliste et vivante. Le « mot désagréable » est présenté comme un homme qui file à toute allure rejoindre et informer l’individu objet de commérages.

8) Vers 13 : « Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre ».
a) Quel effet sonore remarquez-vous dans ce vers ? (2 points)

Ce vers contient une allitération en s : « Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre ».

b) Pourquoi le poète l’emploie-t-il ? (3 points)

Cette allitération traduit un chuchotement dans un lieu silencieux.

9) Quel conseil le poète souhaite-t-il adresser aux « jeunes gens » dans ce texte ? Selon vous, quel passage l’illustre avec le plus de force ? Expliquez pourquoi. (5 points)

L’auteur invite à éviter de tenir des propos désagréables sur quelqu’un car on ne peut jamais se fier à son interlocuteur. Ce mot désagréable « entre, arrive, et, railleur, regardant l’homme en face, dit : – Me voilà ! je sors de la bouche d’un tel.- Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel ». L’expression « ennemi mortel » s’impose avec violence au dernier vers. L’individu finit toujours par être informé des commérages dont il fait l’objet et nourrit une profonde rancune envers celui qui les a répandus.

10) a) Dans le tableau de Norman Rockwell, pourquoi chaque personnage est-il représenté deux fois ? (2 points).

Chaque personnage est représenté d’abord comme le « récepteur » de l’information (il apprend le « mot désagréable ») puis comme l’« émetteur » de l’information (il le répète à une autre personne).

b) Comparez le texte et le tableau de Norman Rockwell. Dans les deux documents, comment la parole prononcée se retourne-t-elle contre son locuteur ? (4 points)

Dans le tableau de Rockwell, la personne à l’origine du commérage se fait vertement réprimandée par celui qui en a été la victime. Le ton employé par le peintre, léger et drôle, laisse penser que cela se limite à une simple fâcherie entre les deux personnages. Chez Hugo, en revanche, le ton est plus dramatique : il parle d’« ennemi mortel », traduisant l’idée qu’une rancœur profonde, durable voire dangereuse s’est installée entre la victime de commérages et celui qui les a proférés.

Nous espérons que cet article aura pu t’aider à réviser pour le brevet de Français ! N’hésites pas à poser des questions dans la barre des commentaires ci-dessous, nous ferons de notre mieux pour y répondre ! 

Bon courage 😉 

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